GUILLAUME DENERVAUD  –  HALTEROZZZ

18.01.15 – 01.03.15

 

Dans une sorte de mise en espace globale, Guillaume sort du cadre – il annule le cadre, même ! Etranges, ses installations sont soumises au surplus, elles débordent. Il crée des environnements, dont les limites sont difficilement définissables.

6H45, 5.5 KG de Steel Mass Pro chocolat & noix de coco, le tout dans un double sachet en plastique noué sur le haut. Il est réveillé à jamais ou pour toujours en forme, les passants qu’il croise sont déjà dans l’affront de la nouvelle journée. Ses dernières pensées s’éclipsent. Il s’accroche à son récipient en carton blanc contenant son latte macchiato fumant, abordant comme motif une photo de lui, une nouvelle offre, un hybride entre le distributeur de café et le photomaton.

Sans hiérarchie, le travail de Guillaume entretient un réseau entre différents univers de références ; parfois inventés de toutes pièces, jamais vraiment explicités. Comme différentes clefs de lecture, ils lui permettent de redéfinir/d’agir directement sur la/les réalité(s). S’y mêlent le gamin artificiel de Bruce Sterling, le phénomène du street workout et des tutoriels de pâte à modeler. …L’affiche de Zabriskie devient le logo d’une bande de jeunes…

En sirotant, il observe un homme vendant des boules de neige classées par taille sur un petit tapis persan. Il décide d’en acheter une de taille moyenne qu’il regarde fondre dans sa main jusqu’à sa complète disparition, une transformation, le liquide froid est maintenant sur le sol bitumeux.

La pratique de Guillaume est foncièrement protéiforme. Elle défie les frontières des matières et des supports, des pièces et du display. Chacun de ses éléments devient le fragment d’un ensemble plus grand et tout est possiblement différent. Plusieurs fois interprétables, réutilisables, elles font de ses installations un arrêt sur image provisoire. A l’inverse de tout ce qui les entoure sur la place de Plainpalais, elles contiennent une part d’indéfini, d’ « inidentifiable » qui laisse place à l’interprétation et à la projection. Guillaume présente un travail fait d’accidents, de rencontres inattendues qu’il nous invite à envisager comme autant de déambulations possibles tant mentales que physiques.

Derrière une palissade de chantier bâchée, il distingue quatre hommes affairés à manipuler, brancher, couper et souder toutes sortes de câbles rouges, oranges, vert et jaune lignés. Sur la séparation métallique entre eux et les passants, accroché avec des bouts de fils de fer, des écriteaux usés abordent des symboles qu’il n’arrive pas déchiffrer. Il s’en va, en laissant ses pas le guider il tombe sur une cour intérieure qu’il semble connaitre. Là, assis sur une dalle de béton, une ronde de martinets tourniquent  au-dessus de lui, de sa tête. Il cherche toujours à faire savoir qu’il apprécie rentrer le matin au son du chant des oiseaux, peu sont d’accord avec lui.

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Photos by Guillaume Dénervaud