JEREMY DELLER –  Parade it !

11.11.11 – 15.01.12

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Jeremy Deller, Veteran’s day parade, La fin de l’empire, 2002 vidéo sonore et couleur, 14 min. 10 sec. éditions de 3 + 2 ea / courtesy art : concept, Paris

PARADE IT!  Un écran sur lequel défilent des images fascinantes de grosses voitures et de chars traversant lentement un paysage désertique américain, des banderoles de manifestation repliées de manière à ce qu’aucun texte ne puisse être lu et des stickers aux graphismes explosifs : l’exposition Parade it ! a de quoi suspendre. Cette proposition de l’artiste londonien Jeremy Deller (*1966), lauréat du Turner Prize en 2004, introduira ainsi la parade, ainsi que la manifestation, la déambulation et la marche, au cœur de l’espace public genevois. Elle sera donnée au regard des passants du rond-point de Plainpalais dès le 11 novembre 2011 dans l’espace d’art contemporain ZABRISKIE POINT.

A PROPOS DE L’ARTISTE

Après des études en histoire de l’art, c’est du côté de la pratique que se dirige Jeremy Deller. Dès les années 1990, son œuvre, protéiforme et inclassable, se construit à travers son intérêt pour les phénomènes sociaux et politiques, les traditions populaires, ainsi que les événements historiques et leur portée sur l’individu. Son travail se développe souvent le long d’un processus que l’on pourrait schématiser de la manière suivante : collection, monstration, puis interprétation. La collection est tout d’abord constituée par une récolte de productions de la culture populaire, comme des textes, des photographies ou des objets ; une première étape qui se déroule le plus souvent dans les champs d’investigation préférés de l’artiste, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Vient ensuite le moment de la présentation de ces modes de production, que ce soit sous la forme de documents, de vidéos ou d’installations. Jeremy Deller fait alors figure de « traducteur », voire de passeur, entre les différents acteurs de la culture : il donne à voir à d’autres les productions d’un art populaire contemporain. L’œuvre de l’artiste londonien se poursuit finalement par une phase de création, avec par exemple la production de nouveaux signes culturels, comme des slogans et des stickers, ou à travers l’organisation d’événements et de performances.

JEREMY DELLER À ZABRISKIE POINT

À ZABRISKIE POINT, c’est la vidéo Veteran’s day parade, La fin de l’empire qui constituera le matériel documentaire et placera Jeremy Deller dans un rôle ambigu entre celui d’artiste et d’anthropologue, comme c’est souvent le cas dans son travail. Cette vidéo a été réalisée lors d’une résidence aux Etats-Unis en 2001-2002, à la suite d’une invitation du CCAC Wattis Institute for Contemporary Art de San Francisco. Ce séjour a offert à l’artiste la possibilité de sillonner la Californie durant presque un an et d’y recueillir une quantité de textes, d’entretiens, de cartes géographiques, de photographies, de vidéos et d’objets divers, qui ont été réuni postérieurement dans After the Gold Rush (2002), une publication se présentant sous la forme d’un guide touristique aux tonalités socio-historiques. Le travail Veteran’s day parade, La fin de l’empire a été réalisé dans un état voisin de la Californie, le Nevada, un monde à part selon Jeremy Deller, pour qui ce territoire est une « machine à remonter le temps », où les traditions du Wild West sont encore bien présentes. La vidéo montre un défilé en l’honneur de vétérans qui étaient un étrange mélange « de patriotisme, de christianisme et d’occultisme ». En effet, paradaient ce jour-là, dans une lenteur solennelle, des individus et des véhicules formant un cortège des plus hétéroclites : enfants en combinaisons militaires et portant une lourde croix de bois sur un char, jeunes filles se déplaçant à cheval et habillées de costumes traditionnels mexicains, personnalités politiques locales dans leurs imposantes voitures recouvertes de bumper stickers et de drapeaux américains, etc. Comme son nom l’indique, l’exposition Parade it ! proposera une réflexion autour de la parade. De la fanfare populaire au défilé de vétérans, en passant par la procession carnavalesque et la manifestation politique, la parade a déjà pris vie à de nombreuses reprises et sous des formes variées dans le travail de l’artiste britannique. En 1997, Jeremy Deller créait par exemple Acid Brass, une œuvre qui instaurait un dialogue entre les milieux de la nuit et ceux des usines du nord de la Grande-Bretagne : suite au démantèlement du monde ouvrier par Margaret Tatcher, la dernière fanfare ouvrière en activité, The Williams Farey Band, jouait des tubes de l’Acid House. Ce thème, en plus de son apparition sous différents média dans l’installation de ZABRISKIE POINT – vidéo, banderoles et autocollants – se manifestera sous la forme d’une performance musicale lors du vernissage. En effet, le jeudi 10 novembre dès 18h, le Leman Steel Band proposera en live du son des Caraïbes et donnera de la couleur au paysage automnal genevois.

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